Expériences missionnaires Sénégal

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Expériences missionnaires Sénégal

Post by BOKO Sinclair on Sun Jan 18, 2009 5:37 am

SEJOUR DANS LA FAMILLE SENEGALAISE

ET AFFRONTEMENT D’UNE SAISON INCONNUE


Dans le processus d’accompagnement de stagiaires, la première période est consacrée à l’apprentissage de la langue wolof. Celle-ci est une porte d’entrée sans laquelle notre mission serait morbide. Hormis ce temps, le District Autonome du Sénégal offre aux stagiaires l’opportunité de vivre dans des familles sénégalaises (Séeréers, Diolas, Njaagos, Mankagnes...). Ce temps permet au stagiaire, non seulement d’approfondir le wolof, mais aussi de comprendre la culture sénégalaise de l’intérieur d’autant plus que la famille est une matrice de la personne humaine et le berceau de la société. La troisième période consiste à vivre dans nos différentes insertions où les confrères travaillent. Il s’agit d’une expérience communautaire. Cette période tombe souvent pendant l’hivernage, c’est la saison de pluie où l’air est humide et il fait trop chaud, raison pour laquelle on transpire sans arrêt. Il faut toujours boire même si on n’a pas soif. La quatrième période est celle d’engagement pastoral qui mène le stagiaire à l’ordination diaconale.



Mon expérience ne consiste pas à partager toutes ces quatre périodes. Pour le moment, la deuxième et la troisième me tiennent à cœur. A savoir : le séjour dans la famille sénégalaise et l’affrontement d’une saison inconnue à la Paroisse Saint Abraham de Guédiawaye.

1. MON EXPERIENCE DANS LA FAMILLE NDIONE A THIES

Après les trois mois de cours de wolof, J’ai vécu avec une famille sénégalaise à Thiès à 70 Km de Dakar. Le désir de changer de l’air m’habitait. Cependant la peur de rencontrer les inconnus remuait en moi. Une chose est sûre, et comme j’aime le dire : « je vais rencontrer des hommes comme moi ». Le jour J, j’étais accompagné dans la famille Albert Malo Ndione où deux confrères ont résidé avant moi. Aussitôt que les confrères sont rentrés, la famille m’a installé. Je devais faire l’effort de vivre mon identité religieuse tout en sachant que je suis dans une famille qui a sa réalité. Chaque matin, j’allais à la messe à la cathédrale à une quinzaine des minutes. Je profitais du reste de temps pour intégrer différentes causeries qui me permettaient d’approfondir mon wolof. Après le repas de midi, je prenais ma sieste. Le soir était réservé au sport ou à la randonnée. Après le journal télévisé, l’initiation au wolof continuait avant que chacun ne regagne sa chambre. Ce temps m’a aussi permis de lire et de me nourrir spirituellement. La qualité de la nourriture n’était pas un frein à ma croissance. J’ai aimé les plats qui m’étaient servis. Mon premier souci était le wolof mais aussi la culture. Ma tendance était de traduire littéralement ma pensée en wolof. Le wolof classique appris au « Projet wolof » pose parfois problème à nos interlocuteurs. Ma famille d’accueil voulait à tout prix que je parle wolof avant la fin de mon séjour. Tout le monde me portait correction en croyant que j’étais totalement nul. Grande était leur surprise quand il m’entendait balbutier quelques choses comme « ndànk, ndànk mooy jàpp golo cib ňaay » (c’est doucement qu’on parvient à prendre le singe en brousse).

Toute la famille a bien pris soins de moi. Je puis dire que j’ai rencontré une famille modeste et profondément spirituelle. Mon papa m’a beaucoup inspiré par son engagement chrétien et surtout par sa simplicité et ses doux humours. Leur accueil si chaleureux et leur modus vivendi ont dissipé mes illusions du départ. C’est ainsi que lors notre séparation nous ne nous sommes pas empêchés de verser des larmes. Loin des yeux, près du cœur. Nous gardons encore contact.
Après mon séjour en famille, j’ai regagné la communauté de Guédiawaye où je vis le reste de mon expérience.

2. AFFRONTEMENT D’UNE SAISON INCONNUE

Après notre Assemblée de Patte III, le Supérieur et son conseil m’ont destiné pour la communauté Cicm de Guédiawaye, une de grandes banlieues dakaroises. Je devrais vivre avec le confrère Herman De Vriendt qui était resté seul avec quatre secteurs pastoraux à l’absence de confrères Charles Ilunga et Constant Elembi partis en vacances. Je devais l’aider et l’assister à l’économat de la maison, l’accompagner dans ses déplacements, accomplir certains travaux et entrer en contact avec les prêtres disponibles afin de nous aider pour les messes.
L’hivernage est un moment difficile : il fait chaud et il pleut. Cette année, il a tellement pluie que les cultures ont bien produit, mais les inondations ont fait beaucoup de sinistrés. Ce que j’ai entendu des autres, je le certifie : c’est un moment très difficile. A Saint Abraham nous avions chaque week-end sept messes. Certaines ADAP (Assemblée Dominicale à l’Absence de Prêtre) étaient animées Christian Ciss, vice-président du secteur et moi, par manque de prêtres.
Nous tenons à remercier tous les prêtres qui nous ont aidés : les Oblats de Marie Immaculé, les Maristes, les Piaristes et les abbés venus même de Cotonou. Ce temps m’a aussi permis d’exercer mon ministère de lectorat et d’acolytat. C’était un temps difficile mais enrichissant surtout dans mes rencontres avec tous ces prêtres. Je me suis rendu compte que si le miracle nous échappe c’est parce que nous ne savons pas être attentifs aux événements quotidiens de notre vie. Vivre à deux dans une communauté et vivre heureux à deux est un grand miracle. Malgré notre écart d’âge, de pensée et de génération, je rends grâce à Dieu pour ce temps passé avec le confrère Herman De Vriendt. J’ai senti la présence d’un aîné à mes côtés. C’était un moment de partage, d’initiation à la vie et à Excel et de faire le programme ensemble.
Au demeurant, je ne puis tout dire ni écrire. Cet espace ne me le permet pas. Néanmoins, je suis très heureux de toutes ces expériences. Que Dieu m’aide à accomplir ce qu’Il a commencé en moi. Qu’il bénisse tous ceux et celles qui nous ont assistés durant ce temps et bénisse également notre District Autonome du Sénégal.
Frère Jean Marie Ntumba, cicm




Mes séjours au pays de la Teeranga



Arrivée : Guédiawaye

Je suis arrivé au Sénégal le 09 juin, 2007. En sortant de l’aéroport avec les confrères venus m’accueillir, j’ai eu l’impression que j’étais dans un pays sans verdure. Après avoir vu la verdure du Cameroun et ses forêts, où je faisais huit (Cool mois d’apprentissage de la langue française, je m’étais posé la question de savoir comment les sénégalais vivent dans telle condition. En route vers Guédiawaye, avec les embouteillages, je m’imaginais comment je pouvais être efficace sur cette terre de mission. Arrivés à Guédiawaye, la première chose que j’avais remarquée était notre bâtiment. Franchement, je me disais pour la première fois en tant que membre de la congrégation (CICM) : « nous vivons ce que l’on appelle le vœu de pauvreté (au sens d’infrastructure et autre chose). » En plus je me suis dit, « enfin je suis maintenant dans le pays de ma mission. » Et mon arrivée avait été bien animée par les confrères avec une grande exclamation « à la santé ! », « tchin-tchin ! »

Apprentissage de la langue et séjour à Tivaouane.
Après avoir fini mon cours supplémentaire du français, j’ai commencé le cours du Wolof en novembre 2007 jusqu’en février 2008. C’était intéressant parce que le wolof me permettait d’approfondir ma connaissance du pays de la Teeranga ; sa culture et son peuple.
En avril 2008 après l’ordination diaconale de Roger, John et Ghislain je suis parti séjourner dans une famille sénégalaise (ethnie sérère) à Tivaouane. C’était ma première fois séjourner dans une famille africaine en général et sénégalaise en particulier. J’ai appris beaucoup de choses : leur croyances, les cultures, l’histoire du pays et ses traditions. Ma mère à Tivaouane m’a aidé à faire la connaissance dans les quartiers où les chrétiens et musulmans vivent dans la cohabitation pacifique. C’est à Tivaouane que j’ai beaucoup apprécié la salutation sénégalaise. Celle-ce crée une amitié profonde entre deux ou plusieurs personnes. Les sénégalais en général sont chaleureux. Ils m’ont accueilli avec joie et partagé avec moi leurs histoires, aspirations et difficultés dans la vie. Et maintenant chaque fois que je croise une ou plusieurs personnes assises sur la rue, je n’oublie point de dire « bonjours » ou « salaamaalekum. » C’est une attitude que je n’avais plus faite aux Philippines. En plus, ce qui est intéressant pour moi est le fait que de plus en plus la salutation est devenue essentielle pour moi. C’est-à-dire comme si c’est une obligation pour moi de saluer une personne que je croise. Bien que je sois loin de Tivaouane, je fais toujours des efforts d’appeler ma famille. Ça me fait le plaisir d’entendre leur voix.

Séjour à Diamaguène

En juin 2008 juste après Patte d’Oie III, je suis parti séjourner dans la communauté CICM de Diamaguène. Durant la première semaine nous étions quatre (P. Ernest, P. Stanislas, John et moi). Et après quelques jours John était parti pour ses vacances aux Philippines et P. Ernest s’est rendu au Congo pour l’Assemblée Générale en juillet 2008. Donc nous n’étions que deux, P. Stanislas et moi, au début juillet jusqu’à la première semaine d’août. J’ai eu de la chance de connaître la communauté CICM et la communauté chrétienne de Diamaguène surtout les communautés religieuses avec lesquelles nous collaborons. J’ai également visité ses différents secteurs (Communauté Ecclésiale de Base). Comme membre de la communauté je donnais un coup de main pour les petites tâches que les confrères m’avaient confiées. PèreErnest était de retour du Congo dès la première semaine d’août pendant que P. Stanislas se préparait pour ses vacances au Cameroun.

C’est à Diamaguène que j’ai beaucoup apprécié le transport en commun avec le « car rapide », même si j’avais l’habitude de les prendre quand j’étais à Guédiawaye. Prendre le car rapide me permettais de comprendre la vie quotidienne des sénégalais. C’est vrai que ce n’est pas aussi facile que je n’en pense. Mais les sénégalais sont très agréables avec les autres. Par exemple, ils n’oublient jamais de saluer les gens assis dans le car rapide : « salaamaalekum » (bonjours !) Et si un sénégalais voit un des ses amis, qui est déjà assis dans la même voiture, la salutation commence « Fall ! Diouf ! Fall ! na nga def ? (Comment vas-tu ?) maa ngi fi (je vais bien). Nammoon naa la (j’ai ta nostalgie). Maa la raw (Moi aussi, mais je te dépasse[1]) Fall ! Diouf !» ainsi de suite. Et ils le font spontanément. Ce qui n’est pas le cas pour un étranger. Néanmoins, je crois personnellement qu’il faut que nous soyons là dedans pour bien partager notre vie avec eux !

Séjour à Podor

Toujours au mois d’août, après quelques jours ensemble avec P. Ernest, j’ai quitté la communauté de Diamaguène pour poursuivre mon programme du stage à la communauté CICM de Podor, le département de Fouta. J’avais pris la voiture de la gare Pompiers jusqu’à St. Louis où P. Moïse m’attendait. A partir de St. Louis, lui et moi traversions le « désert » du nord du Sénégal en passant par Richard-Tool. Et après quelques heures nous étions arrivés vers 19h au quai de Podor saufs et sains. Aussitôt, le Père Moïse m’a confié l’intendance de la maison. Je lui avais proposé si je pouvais continuer avec l’apprentissage de français car je sentais le besoin. Il m’avais confié à Paul Gning, un chrétien, l’avait fait avec beaucoup de disponibilité. Ensuite le père Moïsem’avait proposé d’apprendre l’Excel. Ce qui fut fait.
Podor est très isolé mais le paysage est magnifique et grâce au fleuve à côté du presbytère. Ce fleuve aide beaucoup les pêcheurs pendant des années pour trouver des poissons.
Un après-midi, l’atmosphère était devenue presque sombre. Ensuite il y avait beaucoup de vents accompagnés des poussières. C’était les vents de sable. Personnellement je l’ai trouvé magnifique mais les Podorois ne l’aiment pas parce que, disaient-ils, ça peut endommager les toits des maisons. Une nuit, après la messe à Njoum (50 kilomètres de Podor), P. Moïse et moi avion traversé la route avec les vents de sables. C’était vraiment une aventure exceptionnelle. Après cette aventure, une fois arrivés à la maison P. Moïse avait dit : « je ne pourrai jamais le faire. C’est très dangereux de ! » Ensuite il m’avait raconté une histoire selon laquelle une voiture avait été soulevé par les vents sur la route. J’aimais la compagnie de P. Moïse, c’était très agréable. Chaque repas était une opportunité pour moi d’entendre des histoires, des aventures, des aspirations de la mission de Podor.

Conclusion
La mission est faites des hauts et des bas. Je n’ai pas échappé ce constat. A Tivaouane comme à Podor, j’étais tombé malade sans finir mon séjour comme prévu. Des fois, ça m’a vraiment découragé et je me posais la question de savoir si je suis vraiment capable de vivre au pays de ma mission. Mais mon « oui » à Dieu m’aide à tenir et à combattre les défis de chaque jour. Mes confrères m’ont sans cesse manifesté leurs confiances et surtout leurs soutiens. Je suis infiniment reconnaissant.
J’ai parlé plusieurs fois du terme « mon séjour » parce que j’ai été envoyé à différents endroits comme stagiaire et cela, pour une durée déterminée. Les différentes expériences de « mes séjours » m’ont appris beaucoup de leçons sur la vie missionnaire et surtout sur la vie des confrères et leurs paroissiens. Mes séjours, je crois, sont une expérience de partage. Les anciens m’ont partagé leurs joies, peines, difficultés, aspirations et rêves sur la mission au Sénégal. C’est un partage de la vie missionnaire mais au fond de cette rencontre, il m’initie petit à petit à la réalité missionnaire du Sénégal. Actuellement je suis à la deuxième étape de mon programme du stage. Il s’agit de mon engagement pastoral avec l’Equipe de Guédiawaye (Paroisse St. Abraham).
Frère Audrey Munñez,Cicm


] Les sénégalais ont l’habitude de prononcer le nom de famille quand ils se saluent. Par exemple, Diouf ! Fall ! Diouf ! Fall !

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Re: Expériences missionnaires Sénégal

Post by Georges42 on Sun Jan 25, 2009 5:37 pm

Un grand merci pour ce bon témoignage. Intéressant.
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