Echo Kinshasa 143. I

View previous topic View next topic Go down

Echo Kinshasa 143. I

Post by Georges42 on Sun Jun 01, 2008 11:51 am

COMMUNION FRATERNELLE.
Contrairement à ce qu’on croirait, la communion fraternelle n’est pas d’abord une question de vie sans conflits. Elle n’est ni une vie sans tensions, ni une vie sans incompréhensions. La communion fraternelle, ce n’est pas une vie en rose. Là où il y a des humains, il y a aussi des frictions. Rien ne sert de le rappeler. La communion fraternelle est une vie ordinaire où les gens s’interpellent mutuellement, se corrigent fraternellement dans la charité et accueillent la grâce de se pardonner sans cesse. S’adressant aux Romains, Saint Paul rappelle que la communion fraternelle, ce n’est pas l’absence du péché. Bien au contraire, « Là où le péché a abondé, la grâce a surabondé »(Rm 5,20). Dans la même ligne d’idées, le pape Benoît XVI nous exhorte dans l’Eucharistie Sacramentum Caritatis que « en réalité perdre la conscience du péché entraîne toujours aussi une certaine superficialité dans la compréhension de l’amour de Dieu lui-même » (Ibid.,p. 39)
Je dirai, c’est lorsque nous sommes conscients de notre propre péché que nous pouvons comprendre les péchés des autres. Loin de nous y complaire, nous y découvrons que c’est par la grâce que nous sommes appelés et que nous avons tous besoin de la miséricorde divine pour continuer notre marche vers l’au-delà.
En effet, Scheutistes, nous sommes connus par notre sens de critique mutuelle. Bien souvent lorsque nous sommes ensemble, nous estimons un tel et nous mésestimons un autre. Nous critiquons un tel et nous nous moquons d’un autre. Nous ne vivons pas comme de petits anges. Tout cela fait partie de la dynamique de la vie fraternelle qui en appelle à la communion.
D’origines différentes, nous n’avons pas peur de vivre et de travailler ensemble. Nous considérons plutôt nos différences comme un enrichissement. C’est cela qui explique le noeud facile des nos amitiés. Dès notre première année en formation initiale, nous avions spontanément noués des relations d’amitié avec ceux issus de groupes ethniques différents des nôtres. Après quoi, nous vivions comme si Scheut-CICM était notre propre ethnie. Par exemple, j’ai su qu’ un des mes amis du noviciat parlait une langue maternelle différente de la mienne, et par ce fait même qu’il appartenait à une autre ethnie, que vingt ans plu tard. C’est pour dire que le problème du tribalisme est un faux problème. Ce problème est aussi faux que celui du conflit des générations. Le vrai problème c’est l’endurcissement du cœur, c’est l’endurcissement de son point de vue, c’est l’endurcissement d’attitude et du regard. Car nous pouvons bien appartenir à une même ethnie, une même race ou être des congénères, mais si le cœur est endurci, le regard méprisant, l’attitude méfiante et si nous pensons que seul notre point de vue vaut, alors c’est la dispersion et la désolation.
Je dirais que c’est la confiance mutuelle qui importe le plus dans la communion fraternelle. Lorsque le climat de confiance est garanti dans une famille, cela ne se dit pas nécessairement, mais se vit, se sent et s’expérimente. Le fait de se dire « chers confrères », doit découler d’une expérience de convivialité et de confiance. Ce climat de confiance naît surtout de l’attitude sincère d’affection fraternelle, d’appréciation et du respect mutuels.
La vie communautaire : l’eucharistie, la liturgie des heures, le partage du repas et de la parole, la récréation du soir intensifient la communion fraternelle. La vie commune comme le dit Mgr. L. Monsengwo, est, « en tout état de cause un puissant soutien et un réconfort indéniable pour les confrères en difficultés, stressés, démoralisés ou bien spirituellement fatigués ». Cf. homélie Messe chrismale 2008
Toutefois, vivre ensemble, prier ensemble, voire manger ensemble ne garantit pas en soi la communion fraternelle. Quand bien même on partage ensemble le repas, on peut toujours se trahir. Notre Seigneur en a fait l’expérience. Alors qu’ils étaient à table, d’avance, le traître était connu : c’était un proche, un intime, il partageait la table du Seigneur (Lc 22, 19-23). Ce qui importe plus dans une vie commune c’est l’état d’esprit. D’ailleurs, on ne vit pas toujours ensemble avec les personnes qu’on aime.
La vie commune suppose aussi la compassion. Nous sommes invités à être un peu plus compatissants les uns envers les autres. Concrètement, cela signifie que ceux d’entre nous qui savent se concentrer pour la prière, aident par leurs exemples ceux qui sont dans le laisser aller ; que ceux qui sont forts relèvent ceux qui sont fragiles ; que ceux qui sont solides portent les affaiblis ; que ceux qui sont dans des paroisses partagent leurs expériences pastorales avec ceux qui sont dans les services, dans des maisons de formation ou des maisons de repos ; que ceux qui sont experts en lectures scientifiques partagent les fruits de leurs recherches avec les apprentis ; que ceux qui ont des CPT bien fournis donnent à la province qui pourvoit aux besoins de tous ; que ceux qui ont des bienfaiteurs le fassent autant, que nos bienfaiteurs sachent qu’ils nous aident pour la mission et que cette mission continuera même lorsque nous ne serons plus là. Que ceux parmi nous qui disposent de moyens de transport personnels ou du service assistent ceux qui n’en ont pas ; Que ceux parmi nous qui utilisent les moyens de communications sans payer de leur pécule se mettent dans la peau de ceux qui n’en peuvent pas ; que ceux d’entre nous qui travaillent dans la ville capitale aient une attention particulière pour ceux qui sont à l’intérieur et que ceux de l’intérieur en fassent autant. Que nous tous, nous acceptions avec foi les nominations que le Seigneur à travers les supérieurs nous
propose pour le bien de notre famille religieuse.
Une telle vie commune enrichie les membres, dissipe les inégalités et fait « resplendir l’autre avec la lumière du Christ » C’est l’expérience de la première communauté chrétienne qui, dans le réalisme de sa situation, a su vivre sa joie et ses fragilités dans la diaconie et dans la justice distributive, càd pourvoir à chacun selon ses besoins. Il est toujours agréable de vivre la communion fraternelle dans la sincérité et la vérité. Etre vrai et sincère n’est pas synonyme d’être irréprochable, infaillible. Les vrais et les sincères, ce sont des gents qui avouent humblement leurs torts et reconnaissent leur propre vulnérabilité face à ceux et celles qu’ils interpellent fraternellement.
Enfin, pour qu’elle contribue à améliorer la qualité de notre vie religieuse la communion fraternelle suppose l’autocritique. Elle nous demande de prendre parfois du recule face à une situation donnée, de reconnaître notre propre part de responsabilité, et d’être ouvert pour recevoir avec foi la correction fraternelle. Cela exige que nous priions les uns pour les autres et surtout comme nous le rappelle souvent le père général, que chacun de nous donne le meilleur de soi-même. Que les confrères en repos donnent le meilleur d’eux-mêmes jusqu’à la dernière cartouche. Sachant que Dieu fait le reste.
Michel Ekonzo, cicm
avatar
Georges42
Admin
Admin

Posts : 81
Join date : 2008-05-21
Age : 75
Location : Guatemala

View user profile http://cristohermano.editboard.com

Back to top Go down

Re: Echo Kinshasa 143. I

Post by Georges42 on Sun Jun 01, 2008 12:16 pm

Nouvelles des confrères
Maison d’Accueil, au jour le jour
Deux choses étonnent les visiteurs de la Maison d’Accueil. La propreté et l’hospitalité Dès l’entrée, la pelouse du grand portail vous souhaite la bienvenue et vous introduit dans l’enceinte de la maison. Juste en face du réfectoire, un nouveau jardin est en train de fleurir. On y trouve toutes sortes de plante y compris les plantes d’outre-mer ; d’où le surnom de l’Amazonie. L’espace qui longe le mur de la maison d’Accueil avec le building Saint Raphaël a été aussi transformé en un verger. On y trouve des épinards, du manioc, des « ngaingai « et d’autres plantes tropicales.
Il n’y a pas que la verdure qui fait la fierté de la Maison d’Accueil. L’ancien dépôt qui se trouvait à côté de la buanderie a été transformé en petit barre en même temps il sert aussi d’une deuxième salle de TV. L’on a eu aussi à réadapter la maison aux nouvelles exigences de la vie moderne ; C’est ainsi qu’on a installé des toilettes dans les chambres du rez- de- chaussée. La propreté de la maison oblige les visiteurs kinois qui s’habituent malheureusement à vivre à côté des poubelles de ne pas jeter des papiers par terre et surtout de ne pas y laisser traîner des ordures
Au niveau de l’hospitalité, le personnel et grâce au savoir-faire de la sœur Marie Louise, s’efforce de mettre les visiteurs à l’aise. A table, on offre des mets africains, mais on tient aussi compte de ceux et celles qui n’en ont pas l’habitude. Face à la pénurie d’eau, le gouvernement provincial a approuvé le projet de forage pour faire un puits d’eau avec une citerne comme à la maison provinciale et Syméon. Eu égard aux coupures intempestives de courant, la maison dispose d’un générateur assez puissant. De cette façon, les amateurs de football peuvent admirer leurs fans de la Fifa et surtout bientôt les athlètes du pays de
C’est peut-être à cause de sa propreté et de son sens d’hospitalité que les visiteurs nous arrivent de quatre coins du monde. Nous nous sentons en sécurité chez vous, disent –ils. Effectivement, certains ont exprimé leur sentiment de profonde gratitude dans le livre d’or qui se trouve depuis janvier 2008 au réfectoire. C’est le cas du Liégeois (belge) Joseph qui compare notre maison à « un village rayonnant ouvert sur le monde, petit par modestie mais grand par les qualités de son accueil et celles et ceux qu’y oeuvrent » Roger, cicm au Sénégal: « c’est une grande joie que je passe mon séjour ici à la Maison d’Accueil. Le climat de fraternité qui y règne fait d’elle une ‘Maison d’Accueil ouverte aux confrères et sœurs sans frontière raciale, sociale, ni sexuelle. Un merci spécial aux confrères résidents pour leurs partages fraternels. »
Les résidents, ce sont les pères Beto Body et Michel Ekonzo. Vers fin janvier et début février Padre Beto, recteur a passé 3 semaines de vacance à Boma à côté de sa maman qui porte allègrement ses 80 ans. Pendant la même période, le père Roger Burgraeve nous arrive de Belgique. Il est professeur. Emérite à KUL et spécialiste d’Emmanuel Levinance. Il est venu donner cours pendant 3 semaines à la Faculté Théologique de Kinshasa. De Kananga nous arrive Mgr l’archevêque, Marcel Mandila.et de Boma, Mgr Cyprien Mbuka ; Tous deux habitués de la maison. Père Oscar Nkolo, provincial du Kasaï, Gabriel Kayeye, Eric Kamba, Mlle Maria, ont aussi visité notre maison pendant le mois de février. Et tous ont eu la joie et le bonheur d’assister à l’événement de l’année, l’intronisation de Mgr Laurent Monsengwo le 2 février comme pasteur et Archevêque de l’archidiocèse de Kinshasa.
Quelques jours après la fête de l’intronisation, tata colonel Lingbelu nous est arrivé du Brésil pour prendre ses vacances en famille. Fidèle à la tradition, yaya Frédéric passe presque toujours toutes ses vacances dans son village natal : Yamwangea à 56km de Lisala. Bravo !
Au mois de mars, nous avons accueilli 6 jeunes confrères en provenance du District autonome du Sénégal, de la province du Kasaï et celle de Kinshasa. Ils sont venus suivre la session organisée par la région d’Afrique sous la bénédiction du GG pour la préparation intensive aux vœux perpétuels. Il s’agit de Guy Gervais Bilongo etAntony Pasang du Kasaï ; Roger Shono, Ghislain Toussé et John Mallare du Sénégal ; Sans oublierMarlee Abao etKevin Saministirado deKinshasa. Des Philippines, nous y avons accueilli des étudiants en théologie qui sont venus passer leurs vacances en famille : Anaclet Mukendi, Justin Lukusa, Alexis Katombe, Fréderic Khonde, Hugues Vay-vay et Jospin Wetunu.
Le mois d’avril, nous a donné l’honneur d’accueillir 2 grands missionnaires en provenance des Philippines. François Nsapo, membre de l’équipe des formateurs à 11th Street et Jean Kanyinda, conseiller du GP. Ils sont venus passer leurs vacances en familles. A eux tous, nous souhaitons un agréable séjour dans notre très chère et Grande République Démocratique du Congo.
Du Nord Congo, nous avons eu le plaisir d’accueillir, les Pères Gilbert Ebila, Jean Pierre Mutombo, Didier Mankanu ainsi que le Frère Jean Pierre Phasi ; Sans oublier les passages éclairs de Mgr Philibert Tembo.


Michel Ekonzo, cicm

Echos du plateau.
Depuis le début du mois de mai, la paroisse Saint Eugène est en effervescence. Le 10 mai, c’est l’anniversaire de son pasteur : 65 ans d’âge. Des rumeurs circulent, on chuchote sur ce qui se prépare pour la fête qui sera célébrée avec octave bien sûr. Pour le grand jour, on attend le Doyen, le Provincial, Mgr. Bulamatari… on parle même de Mgr Monsengwo pour un premier contact avec le plateau…
Enfin, les débuts de la fête se font sentir. Jeudi le 8 mai Marlee descend à Kinshasa pour les courses. Le samedi le 10, à 8h00 du matin, il nous revient avec maman Mado, la cuisinière, ses assistants et assistantes. On décharge le porcelet de 21 kg plus tous les ingrédients et ce n’est pas peu pour dire.
Samedi à 12h00 apéro dans la paillote, avec amuse-gueules en abondance, c’est le jour d’anniversaire. A 13h00, on rejoint la salle à manger pour le dîner. Celui-ci est ouvert avec un potage digne de Menkao, suivi d’un excellent dîner préparé par des mains de maîtres, voir Marlee et Kevin, et arrosé d’un vin rouge, chemin des papes, car pour Antos avec ces 65 ans le chemin commence.
L’après-midi, c’est le début du grand combat, car dimanche c’est le grand jour. Les mamans sont aux légumes : lavage, pilonnage et cuisson ; les papas s’occupent de leur côté : il faut une longue broche ainsi qu’un tourne-broche sérieux pour rôtir notre cochonnet, toujours vivant.
Dimanche 11 mai réveil à 5h00, chacun se met en route pour son travail. Le cochonnet est sacrifié aux 65 ans, embroché, farci de tous les ingrédients ramenés sur place et placé sur le tourne-broche…il rôtit à petits feux.
Vers 8h00, les premiers invités arrivent : Père Provincial, les frères Jan Mocking et Tharcisse, ainsi que des familles de Sainte Perpétue, St Léonard et de Mont Ngafula. Père Wilner, avec ses amis, arrivera vers midi. Tous admirent combien on s’active pour la fête et entrent dans l’ambiance.
La cloche paroissiale sonne, tous convergent vers l’entrée de l’église pour la célébration eucharistique. Soixante cinq ans d’âge et prêt de quarante ans d’activité missionnaire au Lac puis à Kin cela se fête dans la joie avec tous les amis et toute la paroisse Saint Eugène. Lors de la messe d’anniversaire, on a ajouté une intention pour le petit frère du père Paul décédé le 5 mai et pour Papa Gérard Ekoyile, ancien responsable de la communauté Ndako Mpembe et conseiller paroissial, décédé ce dimanche matin.
L’Eucharistie terminée, dans la joie du chant final les invités se retrouvent autour de la paillote. Tout le monde échange une boisson dans la main gauche et le cœur sur la main droite. Les ventres creux sont ensuite invités à prendre une assiette, tourner au tour de la table chargée de mets bien relevés et sortir près du tablier blanc pour un morceau choisi du cochonnet grillé avec le souhait de bon appétit.
Vers 17h00, les premiers se proposent pour le départ, le cercle se rétrécit. Vers 20h00 nous sommes entre nous, heureux d’une fête réussie.
Le lundi 12 mai, c’est l’après fête qui commence. Kevin et l’équipe de maman Mado est reconduite à Kinsuka et Mbudi. Sur place on rassemble les déchets, transporte chaises et tables… tout est remis en place. La fête étant toujours dans les cœurs, on boit un dernier verre, on déguste les restes en savourant la préparation. Ensuite c’est la sieste des bienheureux qui se prolonge pour un bon repos, en attendant « l’octave ».
Communauté Saint Eugène
La vie à l’aspirantat
Depuis son ouverture officielle à la date du 26/01/2008 comme signalé dans Echos n° 141, les activités à l’aspirantat vont bon train. Nous suivons un programme de formation intégrale adéquat permettant aux aspirants de voir plus clair dans leur vocation à la vie religieuse et missionnaire. Dès le 19 février dernier, ceux-ci se rendent au stage avec enthousiasme dans les œuvres CICM : Garage de la mission, CIAM, Imprimerie, CRP sans oublier l’œuvre du feu Père Arthur duvernay, CICM, la Clinique Bondeko.
Il est à remarquer que du lundi au vendredi, après la messe et petit déjeuner, chacun se hâte de prendre sa direction vers le lieu du service. Ainsi, les aspirants deviennent de vrais employeurs qui n’aiment pas le chômage.
Parmi les quatorze jeunes, trois restent à la communauté dont un économe et deux cuisiniers. Et cela de façon rotative. Les après-midi, les aspirants assistent au cours de 15h à 17h. Signalons aussi qu’à la journée du 19 mars,Venance Makilo, l’un de nous, avait subi une intervention chirurgicale à la clinique Bondeko et regagna la communauté après trois jours. C’est pourquoi, nous saluons la disponibilité que nous accorde le Père Johan Martens, le formateur, en nous aidant sur la voie à laquelle nous voulons nous engager malgré ses responsabilités pastorales à la Paroisse Saint Kizito.
Johan Martens, cicm
avatar
Georges42
Admin
Admin

Posts : 81
Join date : 2008-05-21
Age : 75
Location : Guatemala

View user profile http://cristohermano.editboard.com

Back to top Go down

Re: Echo Kinshasa 143. I

Post by Georges42 on Sun Jun 01, 2008 12:22 pm

L'engagement pour la JPIC dans nos paroisses à Kinshasa
Le 29 Avril 2008, neuf confrères se sont réunis au CTV autour de la recommandation faite par l' Assemblée Provinciale 2007 : Nous voulons que nos paroisses soient missionnaires et que, d'une manière collective, nous nous engagions pour la JPIC.
Une très grande partie de la réunion a été consacrée à un partage spontané à partir de la question: « Quelles sont les situations d'injustice qui m'interpellent particulièrement ». Chacun s'est exprimé d'une façon très personnelle. Après ce partage on n'a pas senti le besoin de compléter 'la liste', ni de revenir sur les faits. On venait de faire un exercice de conscientisation de nous-mêmes.
Voici les situations d'injustice évoquées :

le problème fondamental, c'est que la justice ne fonctionne pas. D'où la pratique de l'arbitraire
le problème de la contribution des parents dans nos écoles cache une autre réalité: on ne pense pas aux enfants qui ont droit à l'école.
le non-paiement des travailleurs
le chômage des jeunes diplômés
l'écart énorme des salaires:
nous vivons dans une situation d'ignorance qui est à la base de beaucoup de souffrances (domaine de l'hygiène, des droits élémentaires...). Dans ce sens, une conscientisation pourrait déjà apporter un changement aux conditions de vie des gens.
les routes abîmées par les camions poids lourds qui provoquent des embouteillages énormes et paralysent la vie normale des gens.
les députés ne visitent pas les quartiers sinistrés où ils ont fait leur propagande
Ignorance des gens devant les droits civiques
les constructions anarchiques qui désorganisent les quartiers
Une méfiance totale et la peur : les gens savent qu'il n'y a pas de justice et cela provoque une méfiance totale, jusqu'au niveau des foyers. On vit dans la peur devant les chefs coutumiers qui font souffrir les habitants du village
des emprisonnements de jeunes gens pour des querelles familiales
la grève des professeurs de l'université (pour leur propre intérêt) est une injustice grave vis-à-vis de la jeunesse qui vit dans l'incertitude.
le recours précipité à la police pour des problèmes qu'on pourrait résoudre au niveau du quartier ou de la paroisse.
la commercialisation des événements: deuils, collations, mariages… qui rend les gens esclaves de nouvelles habitudes et les poussent à faire des dépenses énormes
manque de solidarité entre les personnes qui habitent une même rue et empêchent de trouver une solution pour la canalisation de l'eau dans les rues
pratiques de cotisations multiples imposées à nos fidèles sans une justification financière de la part des responsables
manque de respect pour la personne humaine: une brutalité dans les relations sociales
l'influence néfaste de la place du diable, du démon, des sorciers...dans la vie quotidienne
la pratique des collectes et offrandes qui est devenue une forme d'exploitation
les injustices dans nos familles: le rejet d'un enfant handicapé, d'une personne malade qui, après le décès, est enterrée avec beaucoup de pompes;
l'injustice dans la justice

Ce tableau n'est pas exhaustif mais invite chacun de nous à devenir plus conscient de la nécessité de faire 'quelque chose'. C'est ce quelque chose qui a fait l'objet de la deuxième question: que pouvons- nous faire dans un premier temps?
Que pouvons-nous faire ?
a. Nous faisons déjà 'quelque chose' dans le domaine de la conscientisation :
Dans nos homélies, nous essayons de responsabiliser les chrétiens pour qu'ils prennent leur vie en main et n'attendent pas tout de Dieu : « Nzambe asala kaka ».
Dans nos CEVB: nous essayons de réfléchir ensemble sur les situations concrètes d'injustice, de violence, de négligence... qui sont tant d'interpellations de changement dans les comportements.
A l'occasion d'un deuil: nous nous trouvons devant des personnes qui appartiennent à différentes églises. L'occasion nous est donnée d'inviter à la réconciliation, de traîter la veuve et les orphelins avec amour et dans le respect de leurs droits, de venir en aide au malade plutôt que d'attendre le jour de l'enterrement pour montrer sa 'solidarité'....,
Nos retraites paroissiales de Noël et de Pâques. Même si les thèmes viennent de l'Archidiocèse, les applications concrètes dépendent de nous et de notre créativité.
b. Que voulons-nous faire en plus :
Nous tous, nous avons senti la nécessité de nous rencontrer régulièrement pour partager nos petites expériences à partir de cette première conscientisation de nous-mêmes. D'où la première résolution : au courant de la retraite au mois de Mai nous allons nous rencontrer pendant une soirée pour faire un petit partage.
Notre bulletin provincial Echos est un moyen approprié d'animation mutuelle.
Ce que nous vivons dans nos paroisses peut aider nos confrères qui travaillent dans les services. Ainsi notre engagement pour la JPIC deviendra l'affaire de nous tous. Chacun a été invité à écrire ses petites victoires et pourquoi pas ses échecs?
Il est important que dans les réunions, avec les jeunes, dans les CEVB... nous donnions plus la parole à nos chrétiens, que nous les aidions à prendre la parole, que nous leur donnions plus l'occasion de s'exprimer en public... Cela les aidera à se libérer et à prendre des décisions.
Deuxième résolution: Nous voulons associer les chrétiens de nos paroisses à la réflexion que nous venons de faire entre nous cicm en paroisse. Ainsi nous voulons répondre au désir de l'Assemblée Provinciale: que les paroisses dans lesquelles nous travaillons aient une identité propre, deviennent des paroisses 'missionnaires'. Un petit questionnaire sera envoyé à l'intention des chrétiens des CEVB pour qu'ils puissent s'exprimer sur leurs situations d'injustice et sur leurs propositions de solution. Il est évident que les membres du Conseil Paroissial seront les premiers à être associés à cette démarche.
Conclusion: Nous sentons que nous ne sommes qu'au début. Progressivement d'autres besoins vont se faire sentir: une meilleure connaissance de la doctrine sociale de l'Eglise, une spiritualité de JPIC, une initiation à la pratique de l'analyse sociale comme élément du cercle pastoral., la formation d'une commission paroissiale de JPIC... Mais l'essentiel est déjà là: nous nous sommes mis en route et c'est ensemble que nous découvrirons le chemin à suivre.
Fernand Degroote,cicm
SPECIALE FÊTE DE PARENTS 2008 au prenoviciat interprovincial P. Nkongolo

Notre prenoviciat interprovincial P. Nkongoloorganise chaque année une journée appelée : « Fête des Parents » afin de permettre aux parents et aux membres de famille des prénovices de « venir voir là où les prénovices vivent et reçoivent la formation religieuse en CICM ».
‘ Cette année, la fête des parents a été exceptionnellement agréable parce que pendant qu’on la préparait, notre Père Supérieur Général Edouard Tsimba était venu nous exhortés avec ces éloquentes paroles : « Chers prénovices, vous connaissez très bien la raison de votre présence ici au prenoviciat : C ‘est de répondre à 1 ‘appel de Dieu qui veut que vous serviez son Eglise et son peuple par le biais de CICM Alors, encouragez-vous les uns les autres dans vos études, dans la prière, dans votre apostolat et dans la vie communautaire. Cultivez, chaque jour qui passe, I ‘intérêt et 1 ‘amour pour la Congrégation. Soyez confiants et ouvrez-vous totalement à vos formateurs qui sont d ‘ailleurs vos aînés et que la Congrégation a placés sur votre chemin pour vous accompagner et vous aider à devenir de bons religieux missionnaires, généreux et bien dévoués au service de I ‘Eglise et de la Congrégation ».
Avant, pendant et après la fête des parents (pendant trois jours donc), notre R.P. Provincial Maurice Nsambo était chez nous pour la visite canonique.
Chacun de nous avait eu l’occasion d’être écouté, réconforté et stimulé par le Provincial lui-même. Quelle joie et quel bonheur de voir notre Père Provincial bien soucieux de notre croissance humaine et spirituelle en CICM.

C’était ça, chers lecteurs, les deux importants événements qui avaient précédé notre fête, fête célébrée avec joie et allégresse le dimanche 09 mars 2008.
Tout s’était déroulé de cette façon-ci:

1. Célébration de l’Eucharistie:
La journée a commencé avec une messe d’action de grâce présidée par le R.P. Provincial Maurice Nsambo. Dans son homélie, le Père Provincial avait insisté sur quelques qualités que doivent avoir les jeunes en formation cicm, à savoir:
les qualités intellectuelles, l’amour de la prière et du travail manuel, le zèle apostolique, le sens d’humour, le don de l’humilité, etc. Il avait enfin demandé aux prénovices de ne pas se laisser distraire par les « vipères et les bipeurs » qui nous entourent mais de toujours fixer les yeux sur Dieu de qui vient tout bien, toute grâce et toute bénédiction.
2. Entretien du Père Provincial avec les parents :

Ici, le Père Provincial avait rappelé aux parents leur responsabilité vis-à-vis des prénovices, à savoir, le soutien affectif, matériel, moral et spirituel qu’ils doivent apporter aux jeunes en formation.
3. Le repas fraternel :
Après la rencontre du Supérieur provincial avec les parents, tous les invités étaient installés respectivement dans la salle des jeux, dans la grande cour et au parking de notre prenoviciat P. Nkongolo. La nourriture était abondante et très bien préparée. Tout monde a bien mangé et en était très content. Pendant le repas, les prénovices avaient adressé aux parents quelques mots d’amour et de tendresse en ces termes : « Chers parents, nous sommes dans la joie de vous accueillir ici chez nous et nous vous rassurons que : ‘chez nous c ‘est chez vous ‘. Nous sommes fiers de vous dire que nous sommes le fruit de votre encadrement, de votre soutien et de votre éducation. Aujourd’hui, nous voulons encore compter sur votre collaboration et votre participation à ce processus de notre formation pour la vie religieuse et missionnaire en CICM. Car nous savons très bien qu ‘un seul doigt ne lave pas la figure ».
4. La visite de la maison:
La visite de la maison était la dernière étape de la journée. La beauté et la propreté de la maison, la construction et les oeuvres de production étaient le sujet d’émerveillement de tous les invités. Nous disons grand merci à ceux qui ont laissé cette oeuvre d’art grandiose pour la contemplation et l’admiration de tous.
Signalons aussi qu’à la fin de la visite, nos bus ont conduit nos visiteurs jusqu’au rond point Ngaba.

5. Nos sincères remerciements:
Nous remercions spécialement le Père Maurice Nsambo, supérieur provincial’ de Kinshasa, qui a accepté de présider la célébration eucharistique. Nous disons aussi merci à tous nos invités cicm : P. Patrick Ngoy, P. Isidore Ndjibu, Fr. Louis Lokumu, Fr. Jan Mocking et Fr. J.P. Pabungu. Merci aussi à nos deux formateurs Louis Ngoy et Dominique Ntenda qui ont bien voulu que la fête soit splendide et agréable. Nous disons également merci aux prêtres résidents au Scopenko : Abbé Oscar et Père Cyrille. Nous disons enfin merci à tous les prénovices et aux mamans du quartier qui nous ont aidé pour l’organisation et la réussite de la fête.
Amand GBOKO et Pascal Blaise LUBUBI
Prénovices cicm
avatar
Georges42
Admin
Admin

Posts : 81
Join date : 2008-05-21
Age : 75
Location : Guatemala

View user profile http://cristohermano.editboard.com

Back to top Go down

Re: Echo Kinshasa 143. I

Post by Georges42 on Sun Jun 01, 2008 12:26 pm

Partage
L’entrée des jeunes dans la vie religieuse
En ce moment où nous nous posons la question de savoir à quoi est dû le départ massif des jeunes confrères de notre institut, nous avons jugé bon de reprendre dans ce numéro d’ Echos Kin un article du Fr. Enzo Bianchi sur l’entrée des jeunes dans la vie religieuse paru dans la nouvelle Revue théologique Tome 129/no 4 Octobre-décembre 2007.Son analyse faite à partir de la situation de l’Europe de l’ouest présente des éléments de réflexion intéressants sur la relation Jeunes et vie religieuse aujourd’hui.
Intervention du Fr. Enzo Bianchi lors d’une rencontre de Jésuites de la Belgique francophone en mai 2007, basée sur trois questions touchant le peu de relève dans la vie religieuse en Europe de l’Ouest. Fr. Enzo Bianchi est fondateur de la communauté de Bose dans le Nord de l’Italie. Bose est une communauté monastique d’hommes et de femmes, provenant de diverses Églises chrétiennes et qui s’inspire de la tradition monastique de l’Orient et de l’Occident chrétiens
1. Quelle analyse faites-vous des causes actuelles concernant le petit nombre d’entrées dans la vie religieuse dans notre contexte d’Europe de l’Ouest?
II est difficile de répondre à cette question: la «vocation., en effet, est l’acte par lequel le Seigneur lui-même appelle des hommes et des femmes à sa suite et, en particulier, à lui vouer leur existence dans la vie religieuse. Puisqu’il s’agit d’un acte relevant de la liberté du Seigneur, la vocation conserve une dimension de mystère sur lequel l’homme n’a aucune prise. Mais la parole de Dieu qui appelle est en même temps aussi une parole relationnelle qui résonne dans l’histoire, dans des temps et des lieux bien précis, et qui sollicite la responsabilité et l’engagement de l’homme. De cette réponse de l’homme à la parole divine dépendent le témoignage de la foi dans le monde, le fait que Dieu puisse être «raconté» aux hommes et aux femmes d’aujourd’hui. La réflexion sur le nombre décroissant de personnes qui s’engagent dans la vie religieuse en Europe occidentale se situe donc â l’intérieur de ce cadre et trouve là son sens.
Le nombre réduit de vocations dans la vie religieuse a des motivations de divers ordres. Motivations sociologiques tout d’abord:
la diminution des naissances; le fait qu’il est toujours plus rare de trouver des familles nombreuses (et différentes recherches ont montré que nombre de vocations à la vie presbytérale et religieuse sont issues de familles ayant beaucoup d’enfants); la rareté croissante des chrétiens eux-mêmes (le christianisme est devenu minoritaire). Au niveau économique, l’aisance généralisée a transformé radicalement le panorama par rapport aux années d’après- guerre qui ont vu naître de nombreuses vocations presbytérales et religieuses dans un contexte de pauvreté et de besoin. D’autres facteurs ont produit des mutations significatives sur le plan ecclésial et de la foi. Au niveau culturel, la rupture d’avec la tradition — Danièle Hervieu-Léger parle de notre société comme de la première société post-traditionnelle — représente un élément de premier plan dans la crise de la foi et de sa transmission, qui conduit aussi à une plus faible capacité d’emprise de l’institution ecclésiastique sur le vécu des personnes.
La sécularisation, et peut-être aujourd’hui la «sécularisation de la sécularisation», en est un autre, avec l’avènement d’une culture marquée par le nihilisme et d’une société technologique et informatique. Tous ces facteurs ont contribué à éloigner le monde «chrétien. d’une société qui, jusqu’à hier, était souvent en osmose avec l’Église. Par ailleurs, le repli sur les thématiques du bien-être intérieur et de l’auto-réalisation au sein de ce que l’on pourrait appeler le "culte du soi.", crée les conditions pour la recherche d’une relation thérapeutique et d’une religiosité syncrétiste que l’on se construit par soi-même et qui trouve son expression davantage dans le «New Age que dans le «vieux. Christianisme.
Cette crise du christianisme amène évidemment avec elle une crise de la vie religieuse. Une grande partie des congrégations religieuses fondées avec un but particulier — social, d’assistance, caritatif.,. —, font désormais l’expérience que le principe si spécifique qui leur a donné vie se transforme maintenant en principe qui conduit à la mort: il rend leur présence sans objet et anachronique. D’autres facteurs, qui ne constituent assurément pas un terrain favorable à l’émergence de nouvelles vocations religieuses, se situent sur le plan ecclésial: l’ignorance des éléments fondamentaux de la foi, même parmi les chrétiens normalement pratiquants; le fait que les mots et les gestes de la foi ne sont plus aujourd’hui évidents par eux-mêmes, mais doivent toujours être motivés, (re)fondés, justifiés; enfin le climat de fatigue et de frustration qu’ "on respire dans de nombreuses communautés chrétiennes.
La pluralité même des spiritualités, qui a marqué la période du développement et de la multiplication des ordres et des congrégations à l’époque de la chrétienté, révèle maintenant ses faiblesses. Elle se montre incapable d’offrir des motivations à ceux qui voudraient mettre en pratique une suivance radicale du Christ. Ceux-ci découvrent en effet que les buts qu’ils poursuivent peuvent être atteints, avec davantage d’efficience et sans l’obligation du célibat, dans d’autres formes de travail et d’engagement. La généralisation du bénévolat a mis en évidence que la vie religieuse n’est de fait pas nécessaire pour incarner certaines formes de témoignage et de service en faveur des pauvres et des nécessiteux.
Pour en venir au monde des jeunes, il faut enregistrer la très rapide mutation anthropologique qui a créé une forte dissymétrie entre les obligations que la vie religieuse comporte pour une bonne part et les attentes des jeunes. Il suffit de penser à ce que l’on observe aujourd’hui chez de nombreux jeunes: la difficulté de choisir et de concevoir qu’un choix soit définitif, ainsi que celle de persévérer et vivre une fidélité. On peut noter par ailleurs leur incompréhension devant la nécessité d’une ascèse et de renoncements, leur besoin d’affirmation de soi sur le plan professionnel et économique, leur recherche à la fois d’indépendance et de protection, leur fuite devant la souffrance et la fatigue, la non- popularité chez eux du célibat et de la chasteté, non seulement en raison de ce que propagent les moyens de communication, mais peut-être pour une part à cause de l’emphase avec laquelle les milieux ecclésiaux vantent la famille, et enfin- mais ce n’est pas le moindre élément- l’analphabétisme de la foi qui rend nécessaire une catéchèse élémentaire à des jeunes qui ont pourtant fréquenté les milieux d’Église.
Il est facile de comprendre que tontes ces données rendent la vie religieuse étrangère, distante, peu fascinante pour des jeunes. Et l’on ne doit pas oublier que ces «fragilités juvéniles» rendent aussi extrêmement précaire le cheminement de ceux-là même qui parviennent à entrer dans la vie religieuse. Les milieux ecclésiaux et religieux cherchent aujourd’hui, avec angoisse parfois, des «points d’appui anthropologiques» pour parvenir à parler aux jeunes, espérer être compris d’eux, leur annoncer l’Évangile et rendre intéressant à leurs yeux le modèle de vie qu’ils présentent.
Mai si ce que je viens de dire a une certaine plausibilité et pertinence, il faut qu’en premier lieu, la vie religieuse s’interroge sur elle-même. Il est probablement plus intéressant de poser les bonnes questions que de multiplier les réponses ou de les additionner. La vie religieuse comporte, pour le moins, le niveau de l’appel à la vie, à la foi et enfin à la vie religieuse caractérisée de manière essentielle d’abord par le célibat et la vie communautaire, et ensuite, par une mission particulière. Dès lors, les religieux sont appelés à s’interroger sur la vitalité de leurs communautés, sur la qualité de leur foi et sur la radicalité de la suite du Christ qu’ils laissent transparaître.
a. La vitalité
Répondre à une vocation signifie décider de mettre en jeu toute son existence, la seule que l’on ait, dans une forme déterminée. Or c’est la vie qui attire la vie. Seule une communauté vivante qui montre que la sequela Christi est vivifiante et humanisante, qu’elle valorise l’humain et les relations, peut espérer «attirer des vocations». Il n’en est certes pas ainsi d’une communauté d’intellectuels, ni d’une équipe de travail ou d’un groupe de projet pastoral, pas davantage non plus d’une communauté composée de personnes âgées qui n’a plus d’avenir. Les religieux, selon moi, ont à faire de leur existence une vie bonne, belle et heureuse, à l’exemple de Jésus lui-même! On a bien sûr souvent souligné que la vie religieuse chrétienne était «bonne», selon la volonté de Dieu: cette bonté se traduit par la prière, par le bien fait aux autres, suivant l’enseignement du Christ. Mais la vie de Jésus a aussi été belle et heureuse: les religieux devraient dès lors se préoccuper d’en faire de même.
Nos communautés donnent-elles la possibilité de partager l’amitié, ou en ont-elles peur? Sont-elles capables de vivre la fête dans la simplicité? Ont-elles cette connaissance stupéfiée, contemplative de la nature? En un mot, sont-elles capables de rendre la vie de leurs membres belle et heureuse? Pour pouvoir se préoccuper légitimement de l’avenir de sa communauté, il faut d’abord vérifier sa qualité de vie et se demander si celle-ci est à même d’offrir un futur à un jeune qui demande, avec générosité et naïveté aussi, à suivre radicalement le Seigneur. La question à se poser ici serait la suivante: quelle promesse de vie notre communauté religieuse peut-elle offrir à un jeune?
b. La qualité de la foi
Par cette expression je n’entends certes pas mettre en doute la sincérité de la foi des religieux, mais souligner le fait qu’une communauté religieuse doit être aujourd’hui également une école de formation à la foi. Le jeune recherche quelque chose d’essentiel, qui a à faire avant tout avec le centre de la foi, et non pas avec des prestations, des oeuvres particulières ou des apostolats divers. L’appel est celui de suivre le Seigneur et de vivre radicalement l’Evangile. Les formes par lesquelles cet appel se traduit sont secondaires. La formation spécifique de chaque Institut ou de chaque Ordre doit donc aujourd’hui être complétée par un travail fondamental de formation de la foi du novice, car, malheureusement, la formation catéchétique dans les paroisses est souvent décevante. Et nombreux sont les jeunes qui ont parcouru des itinéraires à distance de l’Église, chemins qui ne les ont pas même fait bénéficier du peu qu’ont reçu ceux qui ont toujours pratiqué dans l’Église.
La qualité de la foi implique aussi la qualité de la célébration de la foi, et donc de la liturgie. Le visage d’une communauté transparaît de manière éminente dans la liturgie. La vie monastique, aux prises avec les mêmes problèmes de rareté des vocations que la vie religieuse, trouve toutefois dans la liturgie — à laquelle elle prête normalement une attention et un soin particuliers — un lieu d’attraction ou à tout le moins d’intérêt pour des jeunes, sans que cela résolve toutefois tous les problèmes de relève dans les monastères. Les communautés religieuses doivent être des lieux de foi saine et robuste, nourrie par les Écritures et par la liturgie. Même si une communauté habitée par les dévotions, par le goût du spectaculaire, du thaumaturgique, du «miraculeux», voire par le culte de la personnalité du responsable, attirait de nombreuses personnes, je ne crois pas que ce serait pour autant l’indication de la bonne route à suivre.
c. La radicalité de la suivance
La vie religieuse comporte un noyau auquel elle ne peut renoncer: la suite du Christ dans le célibat et dans la vie de communauté. La qualité de la vie communautaire en particulier est un témoignage décisif qui fonde la crédibilité d’une communauté et manifeste la réalité d’une charité et d’une fraternité vécues. C’est dans la qualité des relations communautaires que le célibat, la pauvreté et l’obéissance se révèlent dans leur beauté et dévoilent si la communauté vit avec amour, avec agapè, la radicalité évangélique. Or il est évident qu’un jeune se rendra plus spontanément dans une communauté où il se sent aimé et où il perçoit qu’il pourra lui-même grandir dans l’amour. Dans un discours tenu le 20 novembre 1992 aux participants de l’Assemblée plénière de la Congrégation pour les Instituts de vie consacrée et les Sociétés de vie apostolique, Jean-Paul II affirmait: «Toute la fécondité de la vie religieuse dépend de la qualité de la vie fraternelle en commun. Plus encore, le renouveau actuel est caractérisé par une recherche de communion et de communauté. Pour cela, la vie religieuse sera d’autant plus significative qu’elle réussira mieux à construire des "communautés fraternelles dans lesquelles on cherche Dieu et on l’aime par dessus toute chose", et elle perdra en revanche sa raison d’être chaque fois qu’elle oubliera cette dimension de l’amour chrétien qui est la construction d’une petite "famille de Dieu" avec ceux qui ont reçu le même appel. Dans la vie fraternelle, il faut refléter ‘la bonté de Dieu notre Sauveur et son amour pour tous les hommes"» (Tt 3,4), lequel s’est manifesté en Jésus Christ»2.
En considérant les causes possibles du nombre réduit des vocations religieuses, nous avons été conduits à nous concentrer sur la communauté religieuse et à en entrevoir les éléments essentiels. Il serait en effet paradoxal si la préoccupation d’avoir des vocations, faisait perdre de vue la vocation propre et essentielle d’une communauté religieuse, appelée à être elle- même, fût-elle même sur le point de mourir. À cet égard, je voudrais souligner un fait: dans la vie religieuse, plutôt que de se préoccuper uniquement de nouvelles recrues, il y a à prêter attention aussi à la présence des anciens. Dans une certaine mesure, j’oserais dire que leur présence est plus importante que celle des jeunes: ils témoignent en effet d’une vie chrétienne et d’une persévérance qui ont été vécues avec qualité. S’ils manquent et si la vie ne parvient pas à retenir ensemble ceux qui s’étaient pourtant engagés pour toute l’existence, de quelle radicalité chrétienne une telle communauté pourrait-elle se vanter? Oui, dans la vie religieuse, les anciens sont gages de l’authenticité de la vie qui a été menée, et c’est celle-ci qui fournira toujours un avenir à la vie religieuse. Une communauté constitue un écosystème: conformément aux lois écologiques, elle exige un noyau dynamique et fidèle, afin que la vie se maintienne. Sans ce noyau, la vie tendra à se restreindre et les nouvelles vocations se feront rares.
2. Cf. AAS 85 (1993) 11, p. 903-906, ici p. 905; Insegnamenti di Giovanni Paolo II, t. XV, 2 (1992) p. 648.
avatar
Georges42
Admin
Admin

Posts : 81
Join date : 2008-05-21
Age : 75
Location : Guatemala

View user profile http://cristohermano.editboard.com

Back to top Go down

Re: Echo Kinshasa 143. I

Post by Georges42 on Sun Jun 01, 2008 12:26 pm

SUIVRE LE CHRIST PAUVRE
Du 09 au 12 mars dernier nous avons eu la deuxième tranche de notre session inter- noviciat. Cette fois-ci il a été question du vœu de pauvreté.
Du point de vue organisationnel, tout a été comme la fois précédente.
L’orateur, le père Jean-Claude KANKU cicm, maître des novices nous a introduits à la réflexion par ces phrases : « Nous vivons dans un univers séculier, une société de recherche permanente de gain, d’enrichissement et d’accumulation de biens matériels. C’est dans cette société que le religieux vit, est appelé à vivre et à œuvrer. »
Cependant, comment peut-il y mener une vie de pauvreté ? Pourquoi vivre pauvre ? Est-il mauvais d’avoir des richesses ? De quelle pauvreté est-il question ? Qui peut-on appeler pauvre ?
C’est par ces questions que nous allons pouvoir vous faire notre partage en nous basant sur les notions dont nous avons été bénéficiaires pendant ces trois jours.
QUID LA PAUVRETE
De prime abord, il est à noter que la pauvreté se comprend et se définit par rapport à la richesse. Le pauvre est conçu comme celui qui manque des biens nécessaires à son épanouissement.
Dans l’esprit de l’évangile, nous trouvons cette conception admise comme telle.
Cependant, dans les béatitudes le constat est que le mot pauvre a un sens un peu plus profond et plus large que cela. Il est plus que ce que nous pouvons en dire.
En effet, il y a plusieurs sortes de pauvreté, a déclaré le Père Maître. Nous pouvons citer la pauvreté matérielle, la pauvreté psychologique, la pauvreté ontologique… C’est de cette dernière que le père Maître est parti pour nous faire saisir le vrai sens de ce concept. C’est même cette pauvreté que le Seigneur exige de nous.
La pauvreté ontologique est celle par laquelle l’homme se saisit en tant qu’être fragile, deficient, incomplet, inachevé. C’est celle par laquelle l’homme se sent incapable de se suffire à lui-même. Il se rend compte que sa vie doit dépendre de quelqu’un d’autre en vue de son achèvement. Cet Autre, c’est Dieu.
Ainsi donc, dans l’Evangile, la pauvreté dont il est question est plus que matérielle, elle est une pauvreté de l’esprit. De ce point de vue, nous pouvons dire que la pauvreté selon les béatitudes est d’abord et avant tout un état d’esprit.
En effet, être matériellement pauvre, c'est-à-dire manquer les biens matériels nécessaires pour sa survie, n’est pas une garantie pour la vie éternelle. De même, être matériellement riche n’est pas l’équivalent de l’imperméabilité à l’amour et la grâce divins.
Les matériellement pauvres et riches peuvent tous acquérir la vie éternelle par l’amour du Seigneur à la seule condition de se reconnaître fragile et insuffisant et par conséquent se confier au Seigneur, le seul capable de combler toute une vie. Ce qui compte, ce n’est pas avoir ou manquer, mais l’attitude que l’on a face au matériel et la considération que l’on a de la richesse et l’usage qu’on en fait.
LE VŒU DE PAUVRETE
D’entrée de jeu, le vœu de pauvreté bien que séparé des autres vœux (chasteté et obéissance), est indispensable pour leur bonne assimilation. Chasteté ou obéissance sans pauvreté ne vaut pas grand-chose. La pauvreté en tant qu’état d’esprit est la sève des autres vœux précités.
Par le vœu de pauvreté, le religieux ou le futur religieux est appelé à avoir certaines attitudes :
la relativisation des biens matériels sans toutefois les mépriser ;
le refus de glisser sur la pente du luxe et du confort ;
une simplicité de vie ;
un esprit généreux et la mise en commun ;
la sincérité et la transparence dans la gestion des biens que la communauté lui confie ;
la disponibilité ;
l’amour du travail productif.
Par le vœu de pauvreté, le religieux ou le futur religieux est appelé à intégrer et à vivre la règle d’or « Moi pour la communauté et non la communauté toujours pour moi ».
Faire vœu de pauvreté, c’est s’engager à avoir pour ne rien posséder. Il est donc question d’une dépossession totale et d’un abandon sans réserve au Seigneur.
En effet, à l’exemple du Christ, le religieux est appelé à une vie de détachement et d’abandon au Père. De son vivant, le Christ, disait le Père Jean-Claude, a mangé et bu avec toutes les classes sociales (riche et pauvre). Cependant, il a eu une certaine attitude vis-à-vis des richesses. Par cette attitude, il nous invite donc, comme nous l’avons dit plus haut à avoir sans posséder et tout espérer de Dieu. Il nous invite à savoir partager ce que nous avons avec ceux qui sont dans le besoin. Seul celui qui est capable de renoncement au monde en vue de se mettre au service du Créateur peut sentir la douceur et la paix que cet engagement produit.
Par ailleurs, le religieux peut aider sa famille, selon les structures de son Institut. Mais il est souhaitable que dès le départ, il puisse éduquer sa famille en lui parlant de manière sincère du style de vie qu’il a choisi en vue d’éviter certains dérapages
L’AD EXTRA DU VŒU DE PAUVRETE
La générosité que le vœu de pauvreté provoque chez le religieux n’est pas égoïste c'est-à-dire qu’elle se limite seulement au niveau de sa communauté. Elle est une générosité généreuse, qui franchit les limites de sa communauté de vie. C’est pour se mettre au service des autres spécialement des pauvres que le religieux renonce à toute possession et vit dans un abandon total à Dieu. Il est appelé à vivre avec et pour les pauvres. Vivre avec et pour les pauvres signifie selon le Maître, s’identifier à eux, être proche d’eux, mener le même combat qu’eux en étant prêt à assumer toutes les conséquences qui peuvent s’en suivre. Vivre avec eux c’est aussi éveiller leur conscience, les responsabiliser afin qu’ils sortent de leur état misérable. Vivre avec les pauvres c’est être prêt à mourir pour eux.
Pour conclure, le vœu de pauvreté consiste à nous rendre prêts pour le Royaume de Dieu. Il nous libère et nous fait vivre dans l’insouciance en Dieu ; il nous amène à un abandon total à Dieu et nous ouvre à sa grâce. Finalement ce vœu nous amène à ne vivre que pour Dieu et à nous engager au service de nos frères et sœurs de manière désintéressée.
Cependant des attitudes pouvant le rendre invivable et non réalisable doivent être combattues : la folie de grandeur, la soif du pouvoir, l’instinct de possession et tant d’autres.
Nous avons mis fin à cette partie le 12 mars 2008 autour d’un verre fraternel et avons pris rendez-vous pour le mois de mai prochain. Et là, il sera question du vœu d’obéissance.
MPUTU NGANDU Simon, novice CICM.
avatar
Georges42
Admin
Admin

Posts : 81
Join date : 2008-05-21
Age : 75
Location : Guatemala

View user profile http://cristohermano.editboard.com

Back to top Go down

Re: Echo Kinshasa 143. I

Post by Georges42 on Sun Jun 01, 2008 12:28 pm

Autres communications

Prions pour nos défunts
P. Jan Aertsen, cicm (BNL), né à Loenhout (Belgique) le 16 septembre 1914. Décédé le 12 avril 2008 à Schilde, Belgique
Mr. Laurent Mbila Nzambi, frère de Manu Tsasa décédé le 26 avril 2008. à la clinique Ngaliema, Kinshasa
Mr. Simon Nlandu, frère de Damase Ndembe, décédé le 2 mai 2008 à Kinshasa
Mme Angèle Bruggeman, sœur de Lucien Bruggeman, décédée en Belgique le 14 mai 2008

Editeur responsable : Isidore Ndjibu,cicm : B.P.1525 Kinshasa I
A usage privé

avatar
Georges42
Admin
Admin

Posts : 81
Join date : 2008-05-21
Age : 75
Location : Guatemala

View user profile http://cristohermano.editboard.com

Back to top Go down

Re: Echo Kinshasa 143. I

Post by Sponsored content


Sponsored content


Back to top Go down

View previous topic View next topic Back to top

- Similar topics

 
Permissions in this forum:
You cannot reply to topics in this forum